Comment les compétences psychosociales sont entrées dans le programme d’EMC

Par Claire Tétier, ex-enseignante et spécialiste soft skills et Discipline Positive.

Depuis les années 1990, l’Éducation nationale s’intéresse aux compétences psychosociales (CPS), un ensemble de savoir-faire et de savoir-être qui incluent la gestion des émotions, la communication, la résolution de problèmes et le développement de l’empathie.

D’abord considérées par le prisme de la santé, elles ont progressivement été reconnues importantes pour le bien-être des élèves, puis essentielles dans la lutte contre le harcèlement, avant d’être enfin considérées comme des objets d’enseignement à part entière. Le nouveau programme d’EMC (enseignement moral et civique), paru en juin 2024, marque l’aboutissement de ce chemin.

Des compétences de santé devenues un enjeu scolaire

Au début des années 1990, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a défini les compétences psychosociales, soulignant leur importance pour la promotion de la santé et la prévention des comportements à risque. Cette définition a influencé de nombreux systèmes éducatifs, dont celui de la France. Cependant, ce n’est qu’au début des années 2000 que l’idée de développer ces compétences commence à faire son chemin dans l’éducation à la santé. À cette époque, elles ne sont pas encore explicitement nommées ni intégrées de manière systématique dans les programmes scolaires.

Il faudra attendre les années 2010 pour que la question du bien-être à l’école devienne une préoccupation centrale. Cette prise de conscience se traduit par une inclusion plus explicite des compétences psychosociales dans les textes officiels.

Textes officiels et cadre légal

L’évolution vers la reconnaissance officielle des compétences psychosociales est marquée par plusieurs textes clés. En 2013, la loi de refondation de l’école de la République met en avant l’importance du bien-être de l’enfant, ouvrant ainsi la voie à une prise en compte plus large de ces compétences.

Les programmes scolaires de 2015 intègrent l’enseignement moral et civique (EMC), où des notions telles que le développement de l’empathie, le respect des autres et la gestion des conflits commencent à occuper une place centrale, même si elles ne sont pas encore explicitement désignées comme des compétences psychosociales.

La circulaire de rentrée 2019 marque un tournant en reconnaissant l’importance du bien-être des élèves et en soulignant le rôle des compétences psychosociales dans la prévention des violences scolaires et l’amélioration du climat scolaire. La même année, une circulaire sur l’éducation à la santé précise que le développement de ces compétences est essentiel pour encourager l’autonomie, l’estime de soi et la gestion du stress chez les élèves.

Enfin, l’instruction interministérielle du 19 août 2022 coordonne les efforts de huit ministères pour établir une stratégie multisectorielle visant à développer les compétences psychosociales chez les enfants et les jeunes sur une période de 15 ans. L’objectif est que d’ici 2037, tous les enfants grandissent dans un environnement favorable au développement de ces compétences, ce qui nécessite également que les adultes qui les entourent soient formés à cet effet.

Les CPS au cœur de la lutte contre le harcèlement scolaire

La loi du 2 mars 2022 a marqué un tournant en introduisant un délit de harcèlement scolaire, soulignant la gravité du problème et l’engagement des autorités à y répondre fermement.

Parallèlement à cette législation, un programme de prévention et de lutte contre le harcèlement, baptisé pHARe, a été mis en place dans les établissements scolaires, du primaire jusqu’au lycée. Expérimenté en 2021, ce programme a été généralisé aux écoles et collèges dès la rentrée 2022, puis étendu aux lycées à partir de la rentrée 2023. Désormais, toutes les écoles et tous les établissements sont tenus de le mettre en œuvre.

Le programme pHARe vise à détecter et traiter 100 % des situations de harcèlement, mais aussi à les prévenir. Le développement des CPS est ainsi mis sur le devant de la scène, et elles deviennent l’objet d’un apprentissage spécifique. Les autorités ont mis en lumière l’importance de développer l’empathie chez les élèves comme moyen de prévenir le harcèlement. Ce lien a été fréquemment souligné dans les médias, renforçant l’idée que la promotion des compétences psychosociales peut jouer un rôle clé dans la prévention des conflits.

Pour le suivi des situations de harcèlement, la méthode de la Préoccupation partagée a été adoptée. Dans chaque académie, les enseignants ressources ont été formés à cette approche « non blâmante », qui vise à impliquer les élèves dans la résolution des conflits en les encourageant à collaborer plutôt qu’à s’opposer.

La circulaire du 2 février 2024 a réaffirmé cet engagement en faisant de la lutte contre le harcèlement scolaire une priorité absolue pour l’Éducation nationale. En combinant législation, programmes spécifiques et initiatives de sensibilisation, l’accent est clairement mis sur le développement des compétences psychosociales comme pilier essentiel pour éradiquer le harcèlement dans les écoles françaises.

Vers un nouveau socle commun

Gabriel Attal, lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, a annoncé une refonte du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Institué en 2013, ce socle constitue le cadre de référence des programmes scolaires et rassemble toutes les compétences à acquérir au cours de la scolarité obligatoire.

Lors de la conférence de rentrée du 27 août dernier, il a été confirmé que le nouveau socle commun intégrera les CPS, telles que la confiance en soi, l’organisation du travail personnel, la persévérance ou la capacité de travail en groupe, au même rang que les apprentissages fondamentaux (mathématiques et français) et que les connaissances de culture générale.

Cette montée en puissance des CPS a créé une attente forte chez les enseignants et les professionnels de l’éducation convaincus de leur utilité. C’est dans ce contexte que le nouveau programme d’EMC a été publié au Bulletin officiel du 13 juin 2024.

Ce que change le programme d’EMC

Le nouveau programme d’EMC, paru en juin dernier et applicable progressivement à partir de cette rentrée 2024, propose une nouvelle approche qui intègre les compétences psychosociales et croise les disciplines. C’est une évolution significative de l’approche éducative.

Un accent sur le développement personnel

L’intégration des compétences psychosociales dans le programme d’EMC met en avant la promotion du bien-être et de la santé mentale des élèves. Grâce à une attention particulière portée à la gestion des émotions, à la résilience, à l’empathie et à la communication, les élèves seront mieux équipés pour gérer des situations stressantes ou conflictuelles.

Le programme encourage aussi l’autonomie et la responsabilité, en aidant les élèves à mieux comprendre leurs propres émotions ainsi que celles des autres. Ils apprennent ainsi à agir de manière responsable dans leur environnement social, ce qui renforce leur autonomie dès leur plus jeune âge.

Des effets sur la classe et l’établissement

L’un des objectifs clés de cette réforme est l’amélioration du climat scolaire. En apprenant à gérer leurs émotions et à communiquer de manière efficace, les élèves deviennent moins enclins à adopter des comportements violents ou agressifs. Cela peut réduire les conflits et rendre l’atmosphère plus sereine au sein des établissements.

Le programme encourage par ailleurs des relations interpersonnelles positives et les comportements prosociaux, ce qui renforce la cohésion et l’esprit de groupe au sein des classes.

Former de futurs citoyens

En lien avec les compétences psychosociales, les élèves sont encouragés à réfléchir aux valeurs citoyennes et à l’éthique, à développer leur esprit critique et à s’engager de manière constructive dans la société. Le programme introduit un volet d’éducation aux médias, pour former les élèves à une consommation critique et réfléchie des informations et les outiller face à la désinformation et aux discours de haine.

Les valeurs républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité sont revisitées à travers le prisme des CPS, ce qui permet aux élèves de mieux comprendre et incarner ces principes au quotidien. Ces valeurs sont enseignées non seulement en théorie, mais aussi à travers des pratiques de classe qui encouragent le respect mutuel et la solidarité.

Ce nouveau programme d’EMC propose ainsi une approche globale de l’éducation, centrée sur le développement de l’élève en tant que personne et citoyen. Il répond aux défis actuels de citoyenneté et de vivre-ensemble avec une éducation à la fois cognitive et émotionnelle, et adapte les pratiques pédagogiques aux besoins des élèves en matière de compétences relationnelles.

Une approche interdisciplinaire

Le nouveau programme d’EMC se distingue par son approche interdisciplinaire, qui établit un lien explicite entre l’enseignement moral et civique et les compétences psychosociales. Il ne se contente pas d’enseigner des notions abstraites : il vise à développer de manière concrète les compétences cognitives, émotionnelles et sociales des élèves. À travers les thèmes abordés et les méthodes pédagogiques employées, l’objectif central des CPS est clairement affiché : améliorer les relations que les élèves entretiennent avec eux-mêmes et avec les autres.

Le programme s’articule également autour des trois dimensions de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle : se connaître et grandir avec son corps, établir des relations épanouissantes avec les autres, et trouver sa place dans la société de manière libre et responsable.

Le Parcours citoyen comme fil conducteur

Le Parcours citoyen sert de fil rouge pour relier toutes les initiatives éducatives, telles que l’éducation aux médias et à l’information, l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, et l’éducation au développement durable.

Ce parcours est ancré dans le programme d’EMC, qui constitue son socle, mais il s’étend bien au-delà des cours spécifiques. L’enseignement moral et civique transmet les principes éthiques, juridiques et politiques fondamentaux qui jalonnent le parcours citoyen des élèves. Ce parcours engage l’ensemble des enseignements et intègre la vie de l’établissement. Il peut également inclure des actions en partenariat avec des collectivités locales, d’autres ministères, des organismes publics ou des associations.

Il puise enfin dans les diverses « éducations » transversales présentes dans les programmes : éducation aux médias, au développement durable, à la défense, au droit, aux compétences économiques et financières, à la vie affective, relationnelle et sexuelle, et aux arts et à la culture.

Encourager le travail en équipe et l’interdisciplinarité

La mise en œuvre du parcours citoyen ne se limite pas aux heures consacrées à l’enseignement moral et civique. Pour que ce parcours prenne tout son sens, les enjeux de citoyenneté doivent être explicités dans tous les enseignements et dans la vie quotidienne de l’école ou de l’établissement.

Le programme encourage les élèves à s’investir dans les structures de la vie scolaire, ainsi que dans la vie économique, sociale et politique. Il les incite aussi à participer à des projets au sein de l’établissement, à prendre part à des commémorations, à s’engager dans des institutions et associations, ou encore à s’impliquer dans des initiatives nationales comme le service civique ou le service national universel.

Et la formation des enseignants ?

Un programme ne vaut que par ceux qui le font vivre en classe. Intégrer les CPS à l’EMC pose donc une question de fond : comment former les enseignants à ces compétences ? C’est l’objet de l’article suivant : La formation des enseignants aux CPS : un enjeu crucial de cette rentrée 2024.

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D’abord considérées par le prisme de la santé, elles ont progressivement été reconnues importantes pour le bien-être des élèves, puis essentielles dans la lutte contre le harcèlement, avant d’être enfin considérées comme des objets d’enseignement à part entière. Le nouveau programme d’EMC (enseignement moral et civique), paru en juin 2024, marque l’aboutissement de ce chemin.

Des compétences de santé devenues un enjeu scolaire

Au début des années 1990, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a défini les compétences psychosociales, soulignant leur importance pour la promotion de la santé et la prévention des comportements à risque. Cette définition a influencé de nombreux systèmes éducatifs, dont celui de la France. Cependant, ce n’est qu’au début des années 2000 que l’idée de développer ces compétences commence à faire son chemin dans l’éducation à la santé. À cette époque, elles ne sont pas encore explicitement nommées ni intégrées de manière systématique dans les programmes scolaires.

Il faudra attendre les années 2010 pour que la question du bien-être à l’école devienne une préoccupation centrale. Cette prise de conscience se traduit par une inclusion plus explicite des compétences psychosociales dans les textes officiels.

Textes officiels et cadre légal

L’évolution vers la reconnaissance officielle des compétences psychosociales est marquée par plusieurs textes clés. En 2013, la loi de refondation de l’école de la République met en avant l’importance du bien-être de l’enfant, ouvrant ainsi la voie à une prise en compte plus large de ces compétences.

Les programmes scolaires de 2015 intègrent l’enseignement moral et civique (EMC), où des notions telles que le développement de l’empathie, le respect des autres et la gestion des conflits commencent à occuper une place centrale, même si elles ne sont pas encore explicitement désignées comme des compétences psychosociales.

La circulaire de rentrée 2019 marque un tournant en reconnaissant l’importance du bien-être des élèves et en soulignant le rôle des compétences psychosociales dans la prévention des violences scolaires et l’amélioration du climat scolaire. La même année, une circulaire sur l’éducation à la santé précise que le développement de ces compétences est essentiel pour encourager l’autonomie, l’estime de soi et la gestion du stress chez les élèves.

Enfin, l’instruction interministérielle du 19 août 2022 coordonne les efforts de huit ministères pour établir une stratégie multisectorielle visant à développer les compétences psychosociales chez les enfants et les jeunes sur une période de 15 ans. L’objectif est que d’ici 2037, tous les enfants grandissent dans un environnement favorable au développement de ces compétences, ce qui nécessite également que les adultes qui les entourent soient formés à cet effet.

Les CPS au cœur de la lutte contre le harcèlement scolaire

La loi du 2 mars 2022 a marqué un tournant en introduisant un délit de harcèlement scolaire, soulignant la gravité du problème et l’engagement des autorités à y répondre fermement.

Parallèlement à cette législation, un programme de prévention et de lutte contre le harcèlement, baptisé pHARe, a été mis en place dans les établissements scolaires, du primaire jusqu’au lycée. Expérimenté en 2021, ce programme a été généralisé aux écoles et collèges dès la rentrée 2022, puis étendu aux lycées à partir de la rentrée 2023. Désormais, toutes les écoles et tous les établissements sont tenus de le mettre en œuvre.

Le programme pHARe vise à détecter et traiter 100 % des situations de harcèlement, mais aussi à les prévenir. Le développement des CPS est ainsi mis sur le devant de la scène, et elles deviennent l’objet d’un apprentissage spécifique. Les autorités ont mis en lumière l’importance de développer l’empathie chez les élèves comme moyen de prévenir le harcèlement. Ce lien a été fréquemment souligné dans les médias, renforçant l’idée que la promotion des compétences psychosociales peut jouer un rôle clé dans la prévention des conflits.

Pour le suivi des situations de harcèlement, la méthode de la Préoccupation partagée a été adoptée. Dans chaque académie, les enseignants ressources ont été formés à cette approche « non blâmante », qui vise à impliquer les élèves dans la résolution des conflits en les encourageant à collaborer plutôt qu’à s’opposer.

La circulaire du 2 février 2024 a réaffirmé cet engagement en faisant de la lutte contre le harcèlement scolaire une priorité absolue pour l’Éducation nationale. En combinant législation, programmes spécifiques et initiatives de sensibilisation, l’accent est clairement mis sur le développement des compétences psychosociales comme pilier essentiel pour éradiquer le harcèlement dans les écoles françaises.

Vers un nouveau socle commun

Gabriel Attal, lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, a annoncé une refonte du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Institué en 2013, ce socle constitue le cadre de référence des programmes scolaires et rassemble toutes les compétences à acquérir au cours de la scolarité obligatoire.

Lors de la conférence de rentrée du 27 août dernier, il a été confirmé que le nouveau socle commun intégrera les CPS, telles que la confiance en soi, l’organisation du travail personnel, la persévérance ou la capacité de travail en groupe, au même rang que les apprentissages fondamentaux (mathématiques et français) et que les connaissances de culture générale.

Cette montée en puissance des CPS a créé une attente forte chez les enseignants et les professionnels de l’éducation convaincus de leur utilité. C’est dans ce contexte que le nouveau programme d’EMC a été publié au Bulletin officiel du 13 juin 2024.

Ce que change le programme d’EMC

Le nouveau programme d’EMC, paru en juin dernier et applicable progressivement à partir de cette rentrée 2024, propose une nouvelle approche qui intègre les compétences psychosociales et croise les disciplines. C’est une évolution significative de l’approche éducative.

Un accent sur le développement personnel

L’intégration des compétences psychosociales dans le programme d’EMC met en avant la promotion du bien-être et de la santé mentale des élèves. Grâce à une attention particulière portée à la gestion des émotions, à la résilience, à l’empathie et à la communication, les élèves seront mieux équipés pour gérer des situations stressantes ou conflictuelles.

Le programme encourage aussi l’autonomie et la responsabilité, en aidant les élèves à mieux comprendre leurs propres émotions ainsi que celles des autres. Ils apprennent ainsi à agir de manière responsable dans leur environnement social, ce qui renforce leur autonomie dès leur plus jeune âge.

Des effets sur la classe et l’établissement

L’un des objectifs clés de cette réforme est l’amélioration du climat scolaire. En apprenant à gérer leurs émotions et à communiquer de manière efficace, les élèves deviennent moins enclins à adopter des comportements violents ou agressifs. Cela peut réduire les conflits et rendre l’atmosphère plus sereine au sein des établissements.

Le programme encourage par ailleurs des relations interpersonnelles positives et les comportements prosociaux, ce qui renforce la cohésion et l’esprit de groupe au sein des classes.

Former de futurs citoyens

En lien avec les compétences psychosociales, les élèves sont encouragés à réfléchir aux valeurs citoyennes et à l’éthique, à développer leur esprit critique et à s’engager de manière constructive dans la société. Le programme introduit un volet d’éducation aux médias, pour former les élèves à une consommation critique et réfléchie des informations et les outiller face à la désinformation et aux discours de haine.

Les valeurs républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité sont revisitées à travers le prisme des CPS, ce qui permet aux élèves de mieux comprendre et incarner ces principes au quotidien. Ces valeurs sont enseignées non seulement en théorie, mais aussi à travers des pratiques de classe qui encouragent le respect mutuel et la solidarité.

Ce nouveau programme d’EMC propose ainsi une approche globale de l’éducation, centrée sur le développement de l’élève en tant que personne et citoyen. Il répond aux défis actuels de citoyenneté et de vivre-ensemble avec une éducation à la fois cognitive et émotionnelle, et adapte les pratiques pédagogiques aux besoins des élèves en matière de compétences relationnelles.

Une approche interdisciplinaire

Le nouveau programme d’EMC se distingue par son approche interdisciplinaire, qui établit un lien explicite entre l’enseignement moral et civique et les compétences psychosociales. Il ne se contente pas d’enseigner des notions abstraites : il vise à développer de manière concrète les compétences cognitives, émotionnelles et sociales des élèves. À travers les thèmes abordés et les méthodes pédagogiques employées, l’objectif central des CPS est clairement affiché : améliorer les relations que les élèves entretiennent avec eux-mêmes et avec les autres.

Le programme s’articule également autour des trois dimensions de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle : se connaître et grandir avec son corps, établir des relations épanouissantes avec les autres, et trouver sa place dans la société de manière libre et responsable.

Le Parcours citoyen comme fil conducteur

Le Parcours citoyen sert de fil rouge pour relier toutes les initiatives éducatives, telles que l’éducation aux médias et à l’information, l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, et l’éducation au développement durable.

Ce parcours est ancré dans le programme d’EMC, qui constitue son socle, mais il s’étend bien au-delà des cours spécifiques. L’enseignement moral et civique transmet les principes éthiques, juridiques et politiques fondamentaux qui jalonnent le parcours citoyen des élèves. Ce parcours engage l’ensemble des enseignements et intègre la vie de l’établissement. Il peut également inclure des actions en partenariat avec des collectivités locales, d’autres ministères, des organismes publics ou des associations.

Il puise enfin dans les diverses « éducations » transversales présentes dans les programmes : éducation aux médias, au développement durable, à la défense, au droit, aux compétences économiques et financières, à la vie affective, relationnelle et sexuelle, et aux arts et à la culture.

Encourager le travail en équipe et l’interdisciplinarité

La mise en œuvre du parcours citoyen ne se limite pas aux heures consacrées à l’enseignement moral et civique. Pour que ce parcours prenne tout son sens, les enjeux de citoyenneté doivent être explicités dans tous les enseignements et dans la vie quotidienne de l’école ou de l’établissement.

Le programme encourage les élèves à s’investir dans les structures de la vie scolaire, ainsi que dans la vie économique, sociale et politique. Il les incite aussi à participer à des projets au sein de l’établissement, à prendre part à des commémorations, à s’engager dans des institutions et associations, ou encore à s’impliquer dans des initiatives nationales comme le service civique ou le service national universel.

Et la formation des enseignants ?

Un programme ne vaut que par ceux qui le font vivre en classe. Intégrer les CPS à l’EMC pose donc une question de fond : comment former les enseignants à ces compétences ? C’est l’objet de l’article suivant : La formation des enseignants aux CPS : un enjeu crucial de cette rentrée 2024.